image Histoire d’allaitement

Et voilà, mon allaitement avec Colin prend fin. Je peux maintenant prendre un peu de recul et vous raconter tout cela.

DSC_0171Mon expérience en est une parmi tant d’autre, je ne suis pas là pour vous dire d’allaiter ou non, ni pour vous dire comment faire et combien de temps. Je ne vous conseillerais qu’une seule chose: écoutez-vous !

Avant de parler de ce second allaitement qui a duré un petit temps, je vais repasser rapidement sur le premier.

Je n’ai allaité Léonie qu’un mois, en mixte. C’était un vrai calvaire, les tétées étaient hyper douloureuses. On m’a répété que Léonie était bien positionnée, et que c’était normal que ça « tire un peu ». Je ne me sentais pas écoutée. On m’a conseillé d’espacer les tétées toutes les 3 heures, on m’a proposé des bouts de sein en silicone, je me tartinais de lanoline 15 fois/jour, on a collée Léonie au biberon…  Puis une sage-femme qui est passée à la maison m’a montré qu’il était possible d’allaiter sans douleur (je n’étais ni folle, ni douillette !). Malheureusement après ça, on ne s’est jamais trouvé. J’ai continué avec l’aide du tire-lait, moins douloureux pour moi, et du lait artificiel en complément. Avec tout ça, la lactation n’a pas été suffisamment stimulée, et la montée de lait trop faible. Le jour où il m’a fallu 2 sessions de 40 min pour avoir un biberon complet, je me suis dit « Stop ». Et franchement, quel soulagement !

J’ai beaucoup regretté que ça n’ait pas marché, alors quand je suis tombée à nouveau enceinte, j’ai essayé de ne pas me mettre la pression. J’ai suivi un super cours sur l’allaitement, j’avais toutes les infos techniques et physiologiques (J’ai réalisé que ça m’avait peut-être manqué pour Léonie). J’ai découvert les coquillages d’allaitement pour prévenir des crevasses et des frottements contre les vêtements. Bref, j’ai réuni tout ce que je pouvais pour que ça fonctionne, et à partir de là, je me suis dit que je ferais comme je pouvais, et, je gardais en tête cette phrase qu’on m’avait dit lors de ma 1ère grossesse : mieux vaut un biberon donné avec amour qu’une tétée avec réticence ! Si je n’y arrive pas ou que je n’en ai plus envie, ce n’est pas grave !

Puis j’ai eu Colin dans les bras (raz de marée de love).
Comme je le redoutais, les première tétées ont été toutes aussi fréquentes, et la position difficile à trouver. Je recommençais à avoir mal. J’ai testé plein de positions, demandé de l’aide à toutes les sage-femmes, puéricultrices et pédiatre du service, j’ai suivi les conseils qui me paraissaient adaptés, et oublié ceux qui me semblaient à côté de la plaque. C’était un peu hard, surtout quand on y ajoute les douleurs des suites de couche.
Mais j’ai fini par trouver les trucs qui me convenaient.
– Dès que je le pouvais je laissais 2h entre les repas. Donc non ce n’est pas conseillé, puisqu’il faut le faire à la demande (pour stimuler correctement la lactation), oui je l’ai laissé un peu pleuré, mais sinon j’avais trop mal, et j’entrais dans le cercle vicieux des crevasses et compagnies.
– Lanoline et coquillages m’ont beaucoup aidé. Je ne les ai pas enlevé pendant 1 mois, tout contact m’était insupportable. J’ai eu (moins) mal, mais zéro crevasse !
– La position en « ballon de rugby » était finalement celle avec laquelle j’étais la plus à l’aise. pendant 15 jours je ne l’allaitais que comme ça, puis après j’adaptais les positions pour notre confort à tous les deux.
– Colin étant né avec frein de langue court, et ayant du mal à prendre du poids, j’ai eu l’impression qu’il ne tétait pas bien, pendant une bonne semaine, j’ai tiré mon lait après 2-3 tétées/jour. ça m’a bien aidé aussi, ça m’a rassuré de voir que j’avais suffisamment de lait, et qu’après les biberons il était repu (il a fini par prendre le dessus, et quand on lui a sectionné le frein de langue je n’ai constaté aucun changement finalement).

Une fois cette première phase de mise en place, j’ai quand même eu un mois et demi de moral en dent de scie. Un jour je me disais, « ça va je gère », et le lendemain je voulais tout arrêter (et oui, j’avais dit que je ne mettrais pas la pression, mais c’est pas si évident !). Et ce sentiment s’est atténué pour laisser place au rythme croisière.

A 3 mois, début de la crèche, on a tranquillement commencé les biberons. J’ai tiré mon lait pendant 15 jours, et j’ai progressivement supprimé des tétées, pour ne garder que celles à la maison. Le passage à l’allaitement mixte n’est pas hyper simple non plus, entre les risques d’engorgement, la confusion sein/tétine, et la production qui se rééquilibre (adios les nuits complètes), j’ai enchainé les moments de doutes aussi. Puis la semaine passée, il a été malade et avait très peu d’appétit. Cette dernière galère signe la fin de cette aventure. En mangeant aussi peu, ça a encore dérèglé ce qui n’était pas encore tout à fait calé , il a fini par refuser les tétées, ou avait encore faim juste après. Je compte lui proposer simplement quelques tétées câlins pour éviter un arrêt trop brutal (aussi bien pour lui que pour moi !).

J’aurais pu faire durer cet allaitement plus longtemps si je n’avais pas intégré de lait en poudre, et je pourrais évidemment relancer la machine, mais l’envie n’est pas là. Finalement, on a coupé le cordon en douceur.

C’était difficile, et je suis hyper fière d’en être arrivée là, 4 mois et demi dont 3,5 exclusifs. Vu la première expérience, c’est une prouesse pour moi ! Je ne peux pas dire que j’ai adoré ça, mais ce sont quand même des moments particuliers, ou Colin n’était encore rien qu’à moi. Et même si j’avais hâte d’arrêter, ça m’a fait mal au cœur de passer aux biberons.

Socialement, l’expérience aura été plutôt bonne, pas de jugement de mes proches ou autres. Je ne me suis pas posée de question en public, je nourrissais Colin quand il en avait besoin. J’ai senti quelques personnes mal à l’aise, mais sans plus.

Et chez vous, ça s’est passé comment ? Allaitement maternel, mixte, lait maternisé ? C’était quoi vos techniques de mise en place ?

Si mon récit vous a parlé, et que les techniques qui ont fonctionné avec moi vous intéressent, voilà un petit récap’ :

  • S’informer 
    Si vous n’avez pas la possibilité de suivre un cours complet sur l’allaitement, allez sur le site de la Leche League, association de référence en la matière (antenne régionale, et permanence téléphonique).
    N’hésitez pas à consulter une conseillère en lactation, rien de mieux qu’une experte, qui fait du cas par cas
  • S’équiper
    – Les coquillages d’allaitement de Babyshell. une excellente protection, presque invisible (ça rend la poitrine un peu plus saillante, mais ça vaut le coup !).
    – La lanoline, la Médéla se trouve en pharmacie. A mélanger avec un peu de lait maternel, ça apaise les irritations, aide à cicatriser les crevasse, … En complément des coquillages c’est top !
    – Le tire-lait. Même si vous ne souhaitez pas l’utiliser régulièrement, c’est un bon renfort pour aider à stimuler la production de lait si nécessaire, et en cas d’engorgement, si bébé n’arrive pas à « vider le sein » ça peu dépanner et éviter la mastite ou autre. A louer en pharmacie, 100% pris en charge par la sécurité sociale avec l’ordonnance de la maternité (attention aux pharmacies qui pratiquent des dépassements !). Pour le coup, je suis passée par Je loue mon tire-lait, ils avaient le modèle que je voulais sans dépassement, sans avance, … (je vous dirais si ça se passe mal en le renvoyant)
  • S’écouter
    Comme je le disais au début de l’article. Vous êtes la mieux placée pour savoir ce qu’il y a de mieux pour vous et votre bébé. Incontestablement le lait maternel est le meilleur aliment pour lui, mais être en accord avec vous, votre corps, vos envies, fera de vous la meilleure maman du monde ❤
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8 commentaires

  1. Bonjour Valentine
    Ma 1ere expérience à été une catastrophe ! Engorgée , trop trop mal je repoussais ma fille des qu elle pincait le bout du sein ,la mettre au sein avec plenitude je n ai jamais connu j ai culpabilisé, aucune information sur l allaitement de ne pas connaître cette fusion mère fille.
    Je n ai pas du tout tenté pour mes 2 autres enfants .🤔

    • Comme je te comprends !!! Si je n’avais pas eu cette sage-femme qui m’a montré qu’allaité sans douleur était possible, je ne suis pas sûre que j’aurais retenté l’expérience… J’ai voulu réessayer parce que je savais ce qui n’allais pas, que dans mon entourage, beaucoup de femme allaite, que j’ai eu accès à beaucoup d’informations sur le sujet.
      Léonie a été très peu allaitée directement au sein (je la repoussais aussi…), et pourtant nous avons relation particulièrement forte 🙂
      Sur toute une vie, l’allaitement (même longue durée) n’est qu’un détail en fait, on devrait peut-être se prendre moins la tête ?

    • Merci ma biche !! C’est la raison principale pour laquelle je l’ai écrit. Avant d’accoucher, je pensais que ca se ferait tout seul ! Je me suis vite rendue compte, qu’il y avait un gros souci d’information sur le sujet… Je sais pas si c’est un tabou de la maternité ou le fait que chaque situation soit très différente d’une autre ! En tout cas, plus on libère la parole, mieux c’est 🙂

  2. J’ai voulu allaiter Emma. J’ai tenu 2 jours… au bout du 2ème jour de souffrance INTENSE, en en discutant avec Quentin, mon gyneco, les sages femmes, j’ai pris la décision de passer aux biberons… j’ai pleuré une journée entière! J’avais Cette impression de couper le lien avec ma fille! Encore maintenant quand j’y repense… que d’emotions! Malgré tout je ne regrette pas; j’apprehendais chaque tétée. 2 jours ça peut paraître court, mais je ne supportais même plus l’ecoulement de l’eau de la douche sur mes seins! Elle a un très fort pouvoir de succion… je m’en suis voulu, je me suis trouvée égoïste à ne pas faire l’effort de supporter plus la douleur, et puis avec Quentin on a fait la liste de tous les avantages à la nourrir au biberon, ce qui m’a aidé à prendre le dessus!
    Voilà pour mon expérience à moi! Tu as raison! « Écoutons-nous! »
    Merci pour ton article!
    Des bisous 😘

    • C’est sûr que ce n’est pas évident de prendre la décision d’arrêter. On a beau dire « je verrais comment ça se passe, tant pis si ça marche pas », malgré tout, on idéalise un peu ce qui va se passer. Il y a comme une phase de « deuil »!
      Vraiment une bonne idée cette liste des avantages à passer aux biberons, une excellente thérapie 🙂
      Tu t’es trouvée égoïste ? Et bien pas tant que ça. Le bien-être de nos tous petits passent aussi par le nôtre. Imagine si tu avais continué à supporter la douleur, le stress que tu dégages à chaque tétée, tu aurais eu de plus en plus mal, tu aurais repoussé ta fille avant qu’elle ait fini de mangé, elle n’aurait pas grossi, donc encore plus d’inquiétude et de stress, … Bon je peux aller loin comme ça, mais le choix qui te permet d’être plus sereine, même s’il est difficile à prendre, c’est le meilleur !!! Tu as fais de ton mieux, et tu as bien fait ❤
      Gros bisous

  3. Comme ce sujet et personnel! Merci de ce partage Valentoune 🙂 Perso, mon aînée ayant été un « nourrisson digestif » hospitalisé les trois premiers mois de sa vie en soins intensifs, l’allaitement maternel via tire-lait m’était quasi imposé. La pression médicale était forte en tous cas et finalement je n’ai pas pu tenir plus de 3 mois. Souvenirs bof bof… Le bébé suivant sans souci m’a conduite sans effort à 5 mois d’allaitement, quant à ma dernière fée (celle qui coud déjà), nous avons vécu un allaitement sans se poser de question pendant un an. Bien sûr, une fois à la crèche, elle prenait le biberon et ne recevait de tétée maternelle que le matin et le soir. Mais c’était une belle expérience et je la souhaite à toutes les jeunes mamans.

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