Happy boobversary !

Suzon a 1 an ça y est ! 1 an de chamboulement, d’amour, de fatigue, de mignonnerie, et d’allaitement !
Je vous avais raconté mes deux premières expériences il y a 3 ans, et celle-ci étant encore différente, j’avais envie d’en laisser une trace ici. Ce n’est pas terminé, mais depuis 1 an que ça dure, la machine est bien en route ! Je mettrais à jour l’article une fois que j’aurais rangé mes brassières d’allaitement !

Après avoir détesté, j’ai réussi mais arrêté plus tôt que ce que je voulais, et j’ai enfin vraiment aimé, malgré les haut et les bas, et l’idée que ça prenne fin un jour me fend le cœur !

crédit photo Célia Beauvais

Contrairement aux autres fois, la mise en route a été beaucoup plus simple, je n’avais pas aussi mal et j’ai été bien entourée dans une maternité où les équipes sont (vraiment) formées sur l’allaitement (ce qui n’était pas le cas à Paris). Bien accompagnée, mais j’ai malgré tout déploré le discours unique. On allaite à la demande et surtout pas de tétine pour ne pas courir le risque d’une confusion sein/tétine.
Au début ça allait, j’acceptais sans problème cette sollicitation H24. Mais au bout de 2 mois Suzon n’avait pas un semblant de rythme (elle mangeait toutes les 1 à 2 h et parfois, sorti de nulle part, elle attendait 4h d’un coup). J’ai commencé à enchaîner les mastites, et beaucoup de mal à gérer l’épuisement. L’allaitement à la demande ne me convenait plus, tant sur le plan physique que psychologique. Je passais mes journées avec Suzon au sein ou dans les bras, je ne pouvais pratiquement pas la poser et elle pleurait assez vite dans les bras de son papa (et ça depuis les premiers jours, alors que nous avons tenté d’instaurer des moments privilégiés comme à la naissance de Léonie et Colin). Bref c’était un bébé en fusion complète avec moi. Cette période a été très dure, je ne sais pas si on peu parler de dépression post-partum, mais à mon avis, je n’en étais pas loin !
J’ai mis un temps fou à la caler et à dissocier la tétée du câlin. La journée ça allait à peu près puisqu’elle était dans mes bras en quasi permanence, mais le soir c’était compliqué (si je l’endormais au sein elle se réveillait dès que je la reposais et on recommençait). A partir de là, je passais un long moment à l’endormir, en écharpe de portage avec des bercements très énergiques, puis je me glissais hors de l’écharpe pour la poser dans son berceau, et victoire, Suzon se réveillait moins vite qu’avec l’endormissement au sein !

Après cette transition compliqué, On a passé un premier cap avec les débuts à la crèche (Suzon avait 5,5 mois). Elle refusait le biberon jusque là, mais en deux semaines tout s’est mis en place. Je venais pour les repas en attendant, et la transition a été très douce. Puis en fin d’année, le rythme s’est encore adoucit quand la diversification était bien installée et qu’elle était à table avec nous avant d’aller au lit sans téter (c’est là que nous avons décidé que le papa coucherait Suzon, et depuis leur relation a vraiment évolué et ça nous a fait du bien à tous !).
Côté nuit, la tétine m’a aidé à survivre. Suzon n’en a pas voulu tout de suite, au début on trouvait bien de ne pas en avoir besoin, puis j’ai vraiment insisté vers 5-6 mois, et quand elle a accepté j’ai gagné quelques heures de sommeil. Idem avec le biberon d’eau, une fois le contenu apprivoisé, ça a permis de supprimer une tétée. Depuis, on a stagné sur 1 repas par nuit, qui commence à sauter de temps en temps, et en général sans aucun autre réveil !

Depuis, que Suzon a 8 mois, nous avons progressivement mis en place un allaitement mixte, elle prenait un yaourt au goûter et je ne tirais mon lait plus qu’une fois par jour. Les journées étaient plus cool et puis le weekend, selon les évènements, je me sentais enfin libre de boire plus d’un petit verre de vin à midi (ça paraît con, mais c’était un truc qui me frustrait beaucoup). Par la suite, j’ai eu de plus en plus de mal à tirer mon lait. J’ai cru que ma lactation était en train de s’arrêter. J’ai fini par comprendre que c’était mon corps que ne tolérait plus le tire-lait (j’ai changé tous les éléments de la machine, acheté un tire-lait manuel, mais sans succès). Désormais pour faire des réserves ou pour me soulager (Même si c’est rare, j’ai la mastite facile alors je surveille de près !), je suis obligée de faire de l’expression manuelle, c’est plus long, mais au moins le lait sort. Il faut voir ce que ça donne si je m’absente un weekend complet, mais c’est la seule solution trouvée pour le moment. Avec cette contrainte supplémentaire, Suzon prend maintenant du lait en poudre le midi (sauf le weekend quand nous sommes ensemble). Mine de rien, avoir supprimé le rdv tire-lait ça m’a bien soulagée. Depuis l’allaitement n’est que 100% plaisir ! Le rythme est doux, et je ne suis plus obligée de faire les réserves quotidienne pour la crèche.

J’aurais pu arrêter mille fois avec cette expérience parsemée de galères et de fatigue. Et pourtant je me suis accrochée follement à cet allaitement. Je ne voulais pas regretter que ça se termine avant mon souhait initial d’un an, je voulais faire durer ces instants si éphémères avec mon dernier bébé (une idée que j’ai tant de mal à accepter, mais qui reste le meilleur choix pour notre équilibre familial). Je crois qu’arrêter m’aurait fait plus de mal que le manque de sommeil. Et puis, qui me dit que le quotidien n’aurait pas été tout aussi intense avec un biberon, et si c’était la continuité de cet allaitement qui m’avait sauvé de la dépression post-partum ? Tout peut arriver tant les schémas sont variés, mais le plus important n’est-il pas d’avoir su trouver ce qui nous convenait ?

Avec presque 1 an et demi d’allaitement en cumulé avec 3 enfants, je pense pouvoir vous dire ce que j’aurais vraiment aimé savoir avant de me lancer dans l’aventure. Si ça peut servir à d’autres et être l’occasion de lire vos expériences, j’en serais heureuse (cette liste peut compléter celle des astuces qui m’avaient aidées il y a 3 ans, et que je trouve toujours valables):
l’allaitement est naturel mais pas intuitif. Connaître la mécanique de l’allaitement et du bébé est un atout considérable !
on peut très bien ne pas aimer allaiter, ne pas se trouver avec son bébé, ne pas pouvoir, ne pas avoir l’envie, ou le courage. Et c’est ok !!
l’allaitement à la demande n’est pas la seule option. Cela peut ne pas convenir à toutes. Ne pas avoir de rythme est épuisant, physiquement et moralement. On peut instaurer progressivement des horaires de tétées, ou allonger la durée entre deux repas, tout en respectant le rythme nécessaire pour la mise en place de la lactation. Je regrette sincèrement qu’en maternité on n’ait pas ce genre de discours (j’ai connu les conseils qui vont à l’encontre d’une bonne stimulation et ceux qui en oublient le rythme qui conviendrait à la maman, mais je pense que les deux sont possibles).
tétine et allaitement peuvent être compatibles. Il faut évidemment rester vigilant au risque de confusion sein/tétine mais parfois une tétine peut beaucoup aider à apaiser bébé sans que la maman se sente submergée parce qu’elle est la seule à pouvoir intervenir. Comme pour l’allaitement à la demande j’ai connu les deux, on m’a conseillé la tétine sans m’avertir du risque de confusion et à l’inverse on m’a fait la grimace quand j’ai mentionné l’objet, alors que si l’on avait les bonnes informations, on pourrait s’adapter (comment repérer la confusion ? comment régir si cela se produit ? y a-t-il un âge où la tétine (ou le biberon) peut être introduite à moindre risque ?…). Bref, savoir c’est pouvoir !!!!
Il peut-être difficile de poursuivre un allaitement mixte avant 6 mois. Il semblerait que la lactation soit prête à se maintenir durablement à partir de cette durée d’allaitement exclusif. Je ne l’ai su que récemment, et j’ai réalisé que c’est très probablement ce qui avait écourté mon allaitement avec Colin, 1 mois après le premier biberon de lait artificiel, j’avais si peu de lait que Colin ne voulait plus que le biberon. Je vous laisse faire vos recherches sur le sujet, mais n’oubliez pas, que cela peut-être différent d’une maman à une autre et il y a certainement des choses à mettre en place pour un allaitement mixte avant 6 mois !
Si bébé ne dort pas, ce n’est pas à cause de l’allaitement. Il est vrai que le lait maternel se digère plus vite que le lait artificiel, et au début cela peut favoriser un rythme de repas plus intense, mais ce n’est pas automatique. Je n’ai trouvé aucune source scientifique qui disait que l’allaitement était responsable des nuits plus courtes, ni que le biberon faisait mieux dormir (ce sont peut-être les habitudes liées à l’allaitement -comme l’endormissement au sein, qui peut être vu comme une mauvaise habitude ou comme une outil magique pour endormir bébé en 10 secondes- mais a priori pas le lait en lui même !). Puis avec la diversification, lait artificiel ou maternel, je ne suis pas sûre que ça change beaucoup (mais ce n’est que mon avis). J’ai eu 2 bébés qui ne dormaient pas alors qu’ils n’étaient pas/plus allaités alors pour moi cela ne veut rien dire ! Si l’allaitement vous tient à cœur, n’arrêtez pas en pensant que c’est la seule solution (toutefois, arrêter, permet au Papa de nourrir bébé la nuit, et ça peut grandement vous soulager !).
Au passage, petit conseil à l’entourage, cessez d’incriminer l’allaitement lorsqu’un bébé ne fait pas ses nuits. La mère qui souhaite allaiter, cherche une oreille attentive et du soutien. Lui suggérer d’arrêter alors qu’elle veut poursuivre (vous pouvez néanmoins lui dire que si c’est trop dur pour elle, elle n’a pas à se culpabiliser de prendre une porte de sortie) ou mettre en cause son choix n’est pas une réponse feel good !

« from where I breastfeed »
de 0 à 12 mois

On peut encore une fois conclure que chaque choix est légitime, et qu’il est propre à chaque maman et bébé (Amen !).
J’espère que cette 3ème histoire fera écho chez certaines, et si j’ai un dernier conseil à donner, ce serait d’immortaliser ces moments. On a tendance à penser que c’est un moment d’intimité et qu’il est inapproprié de photographier la maman qui allaite, mais ce sont des souvenirs que l’on chérit autant qu’avec un bébé non allaité (on prend en photo le bébé qui boit son biberon, alors pourquoi pas celui qui boit au sein ?).

Publicité

Un petit mot, une remarque, une question ? N'hésitez pas !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s